Les trois thés

C’est au Mali que j’ai découvert le rituel des trois thés, bien connu en Afrique du Nord et de l’Ouest. Un moment de partage, léger, profond, silencieux, selon l’humeur du moment. La succession de l’amertume, de la force et de la douceur, au rythme de l’infusion répétée des mêmes feuilles de thé.

Là-bas j’ai aussi découvert les effets concrets de la violence de l’histoire commune entre mon pays et le Mali. La violence de l’héritage colonial. Mon privilège blanc. Fait l’expérience d’une grande confusion devant ce que j’identifierai plus tard comme mon statut social de femme blanche.

Quand je repense à ces trois thés depuis mes préoccupations d’aujourd’hui, trois mouvements me viennent à l’esprit : la colère, l’indignation ou la rage liée à la découverte des réalités passées et présentes des rapports de domination ; l’accès au pouvoir du dedans (comme dit l’écoféministe états-unienne Starhawk, pour le distinguer du pouvoir sur) quand je me départis des croyances inculquées sur mon impuissance ou mes incapacités et que je m’autorise à agir ; l’empathie, la douceur, la tranquillité que m’offre la communication non violente quand elle a pour intention non seulement la connexion personnelle ou interpersonnelle mais aussi la transformation sociale.

J’ouvre ces pages avec le désir de faire circuler ces thés, qu’ils continuent d’infuser, que nous les partagions pour plus de conscience et d’implication sur la question des discriminations de toutes sortes (genre – dont intersexophobie, transphobie, sexualités – race, classe, diversité fonctionnelle, neuroatypie, grossophobie…). Pour plus de connexion avec soi-même et avec les autres aussi.

 

ACTUALITÉ

Mon article « À la recherche d’un genre humain » est paru dans le livre Droits humains pour tou·te·s (dir. Géraldine Franck) publié par les éditions Libertalia (mai 2020).

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